Sertir Cosse 16mm2 sans Pince : Comment Faire ?
Vous devez sertir une cosse 16mm2 mais vous n’avez pas la pince adaptée ? C’est une situation courante.
Voici 3 méthodes de dépannage qui fonctionnent, avec leurs avantages et leurs risques.
Tableau comparatif des méthodes pour sertir sans pince
| Méthode | Outils Requis | Difficulté | Fiabilité & Sécurité |
|---|---|---|---|
| L’Étau + Poinçon | Étau, poinçon (ou un gros clou), marteau | Moyenne | Moyenne. Ça dépanne bien mais risque de se desserrer avec les vibrations. |
| La Pince Universelle | Pince multiprise ou universelle robuste | Facile | Faible. Très gros risque de mauvais contact, d’échauffement et de casse. |
| La Soudure à l’Étain | Fer à souder puissant, étain, décapant | Difficile (pour un débutant) | Très élevée. Si la soudure est bien faite, la connexion est parfaite. |
Méthode 1 : Utiliser un étau et un poinçon (la technique du poinçonnage maison)
C’est la méthode de dépannage la plus courante. Le principe est simple : on va utiliser la force d’un étau et d’un marteau pour déformer la cosse et la forcer à mordre dans le câble.
Cette technique imite le fonctionnement d’une vraie pince à sertir, mais de manière moins précise. Le sertissage est mécanique, mais sa tenue dans le temps dépend de votre application.
Le matériel nécessaire
- Un étau solide, bien fixé à un établi
- Un poinçon ou, à défaut, un gros clou ou un chasse-goupille
- Un marteau
- Votre câble de 16mm2 et votre cosse
Étape 1 : Préparer le câble et la cosse
Commencez par dénuder l’extrémité de votre câble sur la bonne longueur. Pour une cosse de 16mm2, cela correspond généralement à 10 ou 12 mm.
Assurez-vous que tous les brins de cuivre sont bien torsadés ensemble. Insérez ensuite le câble dénudé dans la cosse. Les brins doivent arriver jusqu’au fond de la cosse sans dépasser.
Étape 2 : Le poinçonnage
C’est l’étape la plus importante. Placez la partie cylindrique de la cosse (celle qui contient le câble) dans les mâchoires de l’étau, et serrez très fort. La cosse ne doit plus bouger du tout.
Prenez votre poinçon, placez sa pointe au milieu de la cosse, et donnez un coup de marteau sec. Le but est de créer une empreinte profonde qui va écraser le métal sur les fils de cuivre. N’hésitez pas à faire deux ou trois points de frappe le long de la cosse pour bien répartir le serrage.
Conseil : Ne frappez pas comme un fou. Des coups nets et précis sont plus efficaces qu’une force brute qui pourrait fendre la cosse.
Étape 3 : La vérification
Une fois le sertissage terminé, sortez la cosse de l’étau. Le plus important est de faire un test de traction manuel. Tirez fort sur le câble et la cosse en même temps. Rien ne doit bouger.
Si le câble glisse, même un peu, c’est que le sertissage n’est pas assez fort. Vous devez recommencer en frappant plus fort ou en ajoutant un point de poinçonnage.
Démonstration en vidéo
Méthode 2 : Tenter avec une pince universelle (la solution rapide mais risquée)
On va être très clairs : c’est une solution de dernier recours. Utiliser une pince universelle ou une pince multiprise pour sertir une cosse de 16mm2 est une mauvaise idée dans 99% des cas.
Pourquoi ? Parce qu’une pince classique ne garantit pas une pression suffisante et uniforme. Le sertissage sera faible et le contact électrique mauvais. Cela peut entraîner un échauffement, une perte de courant et même un risque d’incendie, surtout sur une batterie.
Comment ça marche (en théorie) ?
Le principe est d’utiliser la partie la plus dure et la plus fine des mâchoires de la pince pour écraser la cosse sur le câble. Certains essaient avec la partie coupante de la pince, mais cela risque de sectionner des brins du câble et d’affaiblir la connexion.
Alerte sécurité : Nous déconseillons fortement cette méthode pour toute installation électrique importante (tableau, batterie de voiture). Le risque de mauvais contact est trop élevé. Un mauvais contact sur un câble de forte section crée une résistance, qui génère de la chaleur et peut faire fondre l’isolant.
Si vous n’avez vraiment aucune autre option, serrez de toutes vos forces à plusieurs endroits, puis faites un test de traction très rigoureux. Mais honnêtement, la méthode de l’étau est bien meilleure.
Méthode 3 : La soudure à l’étain (la plus fiable, mais la plus technique)
Si elle est bien réalisée, la soudure à l’étain offre une connexion électrique parfaite et très solide. C’est même mieux qu’un sertissage bas de gamme. Par contre, ça demande un peu de matériel et de savoir-faire.
Cette technique est idéale pour les cosses de batterie, car elle garantit une conductivité maximale et une excellente tenue aux vibrations.
Le matériel nécessaire
- Un fer à souder assez puissant (au moins 80-100W) ou un petit chalumeau
- Du fil d’étain de bonne qualité (avec âme décapante)
- De la gaine thermorétractable pour la finition
Étape 1 : Préparation et chauffage
Comme toujours, dénudez et insérez votre câble dans la cosse. Fixez la cosse verticalement dans un étau ou avec une pince-étau, l’ouverture vers le haut.
La règle d’or de la soudure : il faut chauffer la pièce, pas l’étain. Avec votre fer ou votre chalumeau, chauffez la cosse (pas les fils de cuivre directement). Elle doit devenir assez chaude pour que l’étain fonde instantanément à son contact.
Étape 2 : La soudure
Lorsque la cosse est à bonne température, présentez le fil d’étain à l’ouverture. Il va fondre et couler à l’intérieur, remplissant l’espace entre le câble et la cosse. C’est ce qu’on appelle la fusion par capillarité.
Remplissez la cosse jusqu’à ce que l’étain affleure. Laissez ensuite refroidir naturellement, sans bouger. La soudure va se solidifier et créer un bloc compact et très conducteur.
Attention : Veillez à ce que l’étain ne remonte pas trop haut sur les brins de cuivre en dehors de la cosse. Cela rendrait le câble rigide et cassant juste à la sortie de la connexion.
Étape 3 : La finition
Une fois la cosse totalement refroidie, glissez un morceau de gaine thermorétractable pour couvrir la jonction. Chauffez-la avec un décapeur thermique ou un briquet pour une finition propre et isolée.
L’alternative la plus sûre : acheter une pince abordable
Après avoir vu ces méthodes, vous comprenez qu’un sertissage sans l’outil adapté reste du dépannage. Pour garantir votre sécurité et la fiabilité de votre installation électrique, la meilleure solution reste d’investir dans une vraie pince à sertir.
Inutile de dépenser une fortune. Pour un usage occasionnel, un investissement minime suffit largement. On trouve aujourd’hui des modèles efficaces pour le prix de deux places de cinéma.
Cet achat vous assurera une connexion parfaite à chaque fois, conforme aux normes et sans aucun risque d’échauffement ou de desserrage. C’est la tranquillité d’esprit assurée pour vos travaux.
- Vous pouvez trouver une pince à sertir pour moins de 20€ sur Amazon.
- Des enseignes comme Lidl proposent aussi parfois le fameux set de pinces à sertir Parkside à un prix très compétitif.
FAQ – Sertir une cosse sans pince
Peut-on vraiment se fier à un sertissage fait sans pince ?
Pour un dépannage, oui. La méthode de l’étau avec poinçon est fiable à court terme si elle est bien faite. La soudure est très fiable. En revanche, un sertissage avec une pince universelle n’est pas du tout fiable et doit être évité.
Quelle est la meilleure méthode de dépannage pour une cosse de batterie ?
Sans hésiter, la soudure à l’étain. Elle garantit la meilleure conductivité et la meilleure résistance aux vibrations du moteur. Si vous n’avez pas de quoi souder, la méthode de l’étau est une alternative acceptable, mais vérifiez le serrage régulièrement.
Le sertissage avec une pince universelle est-il dangereux ?
Oui, potentiellement. Sur un circuit de forte puissance comme une batterie, un mauvais contact crée un point de chauffe. Cela peut faire fondre les isolants, provoquer des courts-circuits et, dans le pire des cas, un début d’incendie. Il vaut mieux ne pas prendre ce risque.